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Le secret du bonheur, c'est de trouver sa juste place " Eugène Le
Roy
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Victor
Gabriel Eugène LE ROY est né le 29 novembre 1836 au Château
d'Hautefort. Sa mère y exerçait le métier de lingère. Son père,
d'origine bretonne, était intendant au château. Tous deux étaient
au service du comte de Damas. Elevé dans une maison rustique, Eugène
Le Roy excelle dans la description des pauvres logis paysans (la
masure du métayer Ferral -père de Jacquou le croquant-, la hutte
du charbonnier Jeantou ou encore la tuilerie abandonnée de la forêt
Barade.
Confié dès l'âge de 12 ans à des soins mercenaires,
il connaît la faim, les privations et fréquenta une de ces humbles
écoles de village
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où le régent sonne encore les cloches de l'église
le dimanche, - lire Le Moulin du Frau -. En dehors des heures de
classe, on l'imagine aisément courant à travers champs avec les
petits paysans du village, tendant des gluaux au bord des mares
claires fréquentées par les linots et les chardonnerets, errant
sur les chemins comme les maraudeurs. Ce vagabondage lui permet
d'enrichir son abondante moisson de souvenirs Le soir, durant les
longues veillées d'hiver, il prête une oreille attentive aux orateurs
de village qui commentent les événements du jour.
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Tout
petit, E. Le Roy a pu entendre l'histoire des révolutions de 1789
et 1830. Dans le " Cantou", sous le vaste manteau de la cheminée,
au-dessus de laquelle reste accroché le fusil à pierre de Jemmapes
ou de Valmy, des veillards s'entretiennent sur les souvenirs de
la Terreur et de la Grande Armée, chevrotent encore le " ça ira
" et "La Marseillaise ".
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On
a grand peine à se représenter l'âme ardente de l'enfant en train
de s'exalter à l'écoute de ces récits ou de s'indigner des exactions
des nobles revenus de l'émigration (qui font emprisonner ou envoyer
aux galères quelque obscur paysan dont la fierté les gêne). Comme
le coutre de la charrue dans une terre de blé, l'exemple des hommes
loyaux, rudes et simples que sont les paysans le pénètre. Préparant
ainsi le terrain où pousseront plus tard ses apologies de la justice
individuelle que seront Jacquou Le Croquant et La Gent Agrafeil.
Le grand coup d'aile de 1848 vient réveiller dans les cœurs le rêve
socialiste.
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Toute
sa vie, Le Roy conservera cette empreinte et demeurera fidèle à
l'idéalisme de son rêve proudhonien, vaguement teinté de fouriérisme.
Jusqu'à sa douzième année, E. Le Roy vit exclusivement à la campagne.
Puis il fréquente l'Ecole des Frères à Périgueux pendant deux ans.
Il en sort pour entrer dans une maison de commerce , Faubourg St
Honoré à Paris. Mais le métier de commis ne lui plaît guère.
Il change souvent de place et sa nature ardente le pousse à diriger
son activité vers la carrière des armes.En 1854, il a alors 18 ans
et s'engage dans un régiment de chasseurs à cheval. Il reste 4 ans
en Afrique. Promu brigadier, il est cassé pour indiscipline. Il
passe alors pour une mauvaise tête.
L'injustice le révolte. Qui veut comprendre cette période de sa
vie doit lire Mademoiselle de la Ralphie, roman posthume dont le
héros Damase semble être son portrait : Damase, enfant trouvé, souffre
de sa naissance illégitime. Il cherche à s'anoblir par le métier
des armes pour se rapprocher de celle qu'il aime. Il se couvre de
gloire sur la terre. E. Le Roy a mis dans ce roman toute sa rancune
d'enfant pauvre contre les préjugés de castes. Il le teinte de l'enthousiasme
patriotique dont il donne les preuves dans les campagnes d'Algérie
et d'Italie (1859). Campagnes auxquelles il prend part vers la fin
de son engagement. Il quitte l'armée pour entrer dans la carrière
administrative.
Il est nommé surnuméraire des contributions indirectes en octobre
1860 et percepteur en 1863,. Il occupe cette fonction à Tocane-St
Apre, Jumilhac, Hautefort, Domme, Montignac. Percepteur dans cette
dernière localité au lendemain de la guerre de 1870, il est révoqué
le 16 mai pour sa fidélité à la République et replacé avec difficulté
en 1878. Libre penseur, E. Le Roy s'est marié civilement. De ce
mariage, il eut trois fils : Yvon, l'aîné, étudiant en médecine
à Bordeaux, fut terrassé par un mal implacable. Robert, vécut à
Montignac. Et enfin Richard, le plus jeune, fut tué pendant la guerre
de 1914. E. Le Roy prit sa retraite à Montignac en 1902. Il devait
s'éteindre le 6 mai 1907 à l'âge de 71 ans.
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